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Changins lance un master en viticulture et œnologie

Les professionnels de la branche sont unanimes: en formant des viticulteurs, des cavistes et des œnologues hautement compétents, l’Ecole d’ingénieurs de Changins (EIC) a joué un rôle déterminant dans l’amélioration de la qualité des vins suisses. Mais il lui manquait une formation de niveau master pour que l’EIC entre dans la cour des grandes écoles à l’échelle internationale.

 

 

Cette lacune sera comblée dès septembre puisque les étudiants de l’EIC pourront désormais viser un master HES-SO en Life Sciences, orientation viticulture et œnologie.

«Dans tous les pays qui nous entourent, on peut aller jusqu’au master, relève Conrad Briguet, directeur de l’école. La Suisse ne pouvait pas rester en retrait. En plus, avoir des étudiants en master stimulera nos projets de recherche et rendra Changins plus attractif.»

Pas besoin d’un master pour devenir œnologue

Les formations qui ont fait sa réputation ne seront pas dévalorisées pour autant. Les diplômés en viticulture, arboriculture et œnologie seront toujours destinés à conduire une exploitation. Et les œnologues issus de la filière bachelor ne seront pas remplacés par les détenteurs d’un master.

«Tous les étudiants qui ont leur bachelor en poche, soit une vingtaine de personnes par année, trouvent du travail, précise le directeur. Certains reprennent le domaine familial, et la plupart obtiennent un poste d’œnologue dans une entreprise.»

Dès lors, quels débouchés s’ouvriront aux étudiants les plus galonnés de l’EIC? «Ils se dirigeront dans la recherche, peut-être ici même, au sein de la station fédérale de recherche Agroscope, ou seront engagés par des sociétés qui ont besoin de professionnels très pointus pour le contrôle de qualité ou pour des analyses en laboratoire. Quatorze grands employeurs en Suisse nous ont fait part de leurs besoins. Sans oublier que ces détenteurs d’un master pourront plus facilement aller travailler dans le monde entier.»

Pour Conrad Briguet, proposer ce master est une suite logique à l’évolution constante que cette école a suivie depuis sa création en 1948, et surtout depuis son déménagement sur le site de Changins en 1975.

«Entre 1965 et 1985, les vignerons attendaient les clients dans leur carnotzet. Grâce aux progrès en œnologie, on a appris à tirer le meilleur quelle que soit la qualité de la récolte. Puis on s’est rendu compte qu’il fallait de bons raisins pour faire du bon vin. Avec l’arrivée des quotas, la viticulture est revenue au premier plan. Aujourd’hui, on vise un maximum de qualité du raisin que l’on valorise au mieux avec un suivi œnologique pointu et approprié. Pour continuer à jouer son rôle dans cette évolution, l’école doit proposer le meilleur niveau de formation possible.»


www.eichangins.ch