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Faire du profit en respectant la nature et ses collaborateurs

L’Ifage, fondation genevoise pour la formation professionnelle des adultes, s’est associée à deux experts du management durable pour proposer, dès mars 2010, des cours du soir pour des cadres qui veulent acquérir une formation directement applicable au milieu professionnel. Alors que les dirigeants de la planète ont clos le sommet de Copenhague sans grande résolution, les entreprises romandes se préoccupent aussi d’écologie.

 

De plus en plus de PME veulent former leurs cadres au développement durable. Par souci d’écologie d’une part, mais aussi parce qu’on admet aujourd’hui qu’un management responsable permet de réduire les coûts financiers, humains et environnementaux. Voire d’augmenter l’efficience économique d’une entreprise et d’en assurer la pérennité.

Pour offrir aux dirigeants romands cette formation généraliste en cours du soir, l’Ifage a fait appel à deux experts en la matière: Challenge Optimum SA et EcoLive, deux bureaux de conseil basés à Genève.

Caisse à outils

Chez Challenge Optimum SA, David Balme, directeur général, décrit les ingénieurs de son institut comme les «mécaniciens d’un garage auto», de ceux qui travaillent dans l’arrière-boutique à chercher ce qui ne fonctionne pas. Le spécialiste romand en systèmes de management nourrit ses formations des observations faites sur le terrain depuis plus de quinze ans. Son rôle: aider le manager à définir quels points de contrôle sont essentiels dans la mise en place d’une stratégie qui lui permettra de mener sa PME au respect des différentes normes ISO, en rapport avec ses propres ressources. De la gestion de la qualité au tri des déchets en passant par un «bilan carbone» et la traçabilité des produits achetés…

«Nous voulons offrir des instruments concrets, directement utilisables, pour transformer les recommandations et les législations en actes, explique Véronique Diebold, d’EcoLive. C’est souvent ce qui manque aux managers, qui aimeraient intégrer les principes du développement durable dans l’entreprise mais ne savent pas comment le faire.» Le bureau genevois axe aussi sa formation sur la motivation au changement et sur la responsabilité sociale d’une entreprise. Car la notion de «capital humain» est aussi importante que celle de l’environnement dans le concept de développement durable. «Les employés ont souvent peur du chamboulement que générera, dans leur sphère privée, l’application de nouvelles habitudes, ajoute Véronique Diebold. Les cadres doivent apprendre à faire face à leurs résistances et les gérer avec psychologie.»

Reproduire ce qui fonctionne

Le cursus prend appui sur «ce qui se fait de mieux dans les entreprises romandes», explique David Balme. Il tient ainsi compte des exigences réelles d’une direction d’entreprise et est axé sur une pratique éprouvée et fonctionnelle, en lien direct avec les besoins des décideurs d’aujourd’hui. Quatre modules spécifiques permettent ensuite à chaque «généraliste» d’approfondir tel ou tel domaine du management durable (émissions de carbone et mobilité; achats responsables; bâtiments; gestion des risques).

De l’avis des deux experts, les acquis des cadres dans le domaine devraient peser de plus en plus lourd dans leur CV. Plus qu’une mode, le management responsable pourrait alors bientôt devenir la norme. Et apporter des solutions, toutes locales qu’elles soient, plus concrètes que l’accord de Copenhague.


 

Développement durable et PME – Ifage

Cf. également le site du WWF