Recherche ciblée

L’écriture: même pas peur de la page blanche

Les ateliers d’écriture créative fleurissent sur Internet. Leur but: aider les participants à aller chercher en eux ce qu’ils ont à dire, pour finalement écrire des histoires. «Même ceux qui disent n’avoir jamais écrit l’ont déjà fait», lâche Annik Mahaim, faisant référence notamment au journal intime. Eugène, sur son site www.faiseur-de-mots.ch rappelle aussi l’omniprésence des mots dans notre quotidien et veut replacer «le mot au centre de nos préoccupations». Ces deux écrivains romands animent des ateliers d’écriture.

 

Oser regarder en soi

Chacun possède en lui le prérequis pour participer à un atelier : l’écriture. Mais l’acte d’écrire ne mobilise pas uniquement cette connaissance «technique». «Un conseil, qu’il soit de l’ordre de la construction, de la narration, du style, ou alors de l’élan général d’un texte, doit aider le participant à faire aboutir une expression», résume Annik Mahaim.

Eugène parle aussi de «transformer une idée ou une émotion en texte», sans qu’il existe de méthode toute faite. «Il faut oser regarder en soi-même, constate celui qui anime aussi un atelier d’écriture à l’Institut littéraire suisse, à Bienne. Si on porte une histoire, une colère ou une vision du monde, c'est déjà un bon début pour l'écriture!» Outre regarder en soi-même, la capacité d’observer s’applique aussi au monde environnant. Les deux formateurs organisent d’ailleurs des ateliers nomades, au gré des évènements ou des expositions. 

Discussion et partage

Les deux auteurs insistent sur un facteur important de ces ateliers: le partage. « On discute ensemble de chaque texte écrit, raconte Eugène. Il surgit alors des idées pour mieux le structurer: on peut par exemple changer le début pour le rendre plus percutant ou raconter l’histoire selon le point de vue d’un personnage plutôt qu’un autre.» Annik Mahaim fait le même constat: «Les critiques constructives sur des points précis permettent d’avancer et les retours des autres sont bienveillants, car il y a une empathie du groupe.» 

Composés de participants d’horizons variés - une étudiante en Lettres qui en avait assez de l’analyse de texte et voulait écrire des histoires, un monsieur de 63 ans qui préparait sa retraite et voulait tester s’il arrivait à remplir quelques pages, se souvient Eugène -, ces ateliers ne sont pas des lieux de thérapie collective. «La frontière est claire ! insiste Annik Mahaim. Mais comme toute exploration dans un domaine artistique, ce travail peut donner lieu à une exploration intérieure et faire du bien mentalement.»


Prochain atelier d’Annik Mahaim, centré sur la maîtrise des dialogues, du 17 janvier au 11 avril (6 séances) à Lausanne | www.annikmahaim.ch

Prochain atelier d’Eugène les 4, 5 et 6 mars à Nyon | www.faiseur-de-mots.ch

Nicolas Verdan, journaliste et auteur, propose des séjours autour de l’écriture en Grèce, sur une île, un toit ou un bateau | www.nicolasverdan.ch

Voir également Alchimie du Verbe à Pully